Age : 30 Inscrit le : 15 Jan 2007 Messages : 838 Localisation : en France (pour combien de temps encore?) Emploi : fonctionnaire ("grâce" à Pochard, plus pour longtemps) Etudes, Loisirs ou Autre : réflexion pour devenir président du monde
Je viens de finir Sous le soleil de Satan que je n'avais jamais lu et je me suis profondément emmerdée (si je lisais le livre alors qu'il faisait déjà nuit, je commençais à voir double au bout de 2 pages et à m'endormir au bout de 4... pas glorieux mais stricte vérité; moralité: j'ai renoncé à le lire la nuit!!!). J'ai enfin réussi à l'achever hier, après une longue lutte (plus de 2 semaines).
Bref, tout ça, c'est pas pour critiquer mais juste pour demander qqch: je sais que certain(e)s parmli vous apprécient ce livre; j'aurais voulu savoir pourquoi. Quel intérêt lui trouvez-vous: est-ce le contenu? le style? autre chose? pourquoi vous a-t-il "parlé"?
Je pose ces questions sans aucune ironie car je me dis que j'ai dû passer à côté de plein de choses en le lisant et j'aimerais avoir d'autres regards que celui négatif que je porte (je précise que, déjà, j'avais pas accroché sur Journal d'un curé de campagne, lu il y a 2 ou 3 ans).
Merci par avance à ceux / celles qui voudront bien prendre un peu de temps pour me faire partager leur plaisir à lire ce livre.
deepwater Modo
Inscrit le : 17 Juin 2005 Messages : 6306 Emploi : padawan à roulettes bordées de nouilles
Sujet: Re: Bernanos Mer 25 Juin - 21:38
je peux pas t'aider : même constat d'effet soporifique pour moi.
lolita-b Niveau E
Age : 27 Inscrit le : 02 Aoû 2006 Messages : 1154
Sujet: Re: Bernanos Mer 25 Juin - 21:41
idem pour moi.. d'ailleurs je l'ai pas fini. faudrait que je m'y remette !!
Rylia Niveau F
Age : 30 Inscrit le : 15 Jan 2007 Messages : 838 Localisation : en France (pour combien de temps encore?) Emploi : fonctionnaire ("grâce" à Pochard, plus pour longtemps) Etudes, Loisirs ou Autre : réflexion pour devenir président du monde
lolita, je peux toujours te raconter la fin, si t'as pas le courage de finir... fin qui m' d'ailleurs laissée perplexe (qu'est-ce qu'il est venu foutre dans cette galère "l'auteur du Cierge pascal" alors qu'il est mentionné nulle part avant? et autre question: pourquoi ce nom de Dieu de prologue avec Mouchette dure autant qu'un vrai chapitre? je pensais qu'il servirait vraiment, mais bof, pas plus que ça, du moins c'est ce qu'il m'a semblé... Quand je vous dis que j'ai pas pigé l'intérêt, je mens vraiment pas!)
Sinon, deepwater et lolita, j'en ai tiré une excellente leçon: si un jour j'ai des pbs d'insomnie, jamais je n'utiliserais de somnifères mais j'iai acheter Bernanos en intégrale et, pour pousser le vice plus loin, en Pléiade!!
Mais bon, sérieux, personne dans le coin qui a aimé??? Il me semblait que Thalie ou une autre modo adorait Bernanos. HELP!!
deepwater Modo
Inscrit le : 17 Juin 2005 Messages : 6306 Emploi : padawan à roulettes bordées de nouilles
Sujet: Re: Bernanos Mer 25 Juin - 21:56
oui Thalie adore ! il me semble que c'est le côté mystique qu'elle a affectionné.
Rylia Niveau F
Age : 30 Inscrit le : 15 Jan 2007 Messages : 838 Localisation : en France (pour combien de temps encore?) Emploi : fonctionnaire ("grâce" à Pochard, plus pour longtemps) Etudes, Loisirs ou Autre : réflexion pour devenir président du monde
oui mais le problème (enfin mon problème) reste entier: POURQUOI ???
Donc dame Thalie et son mini troll, vos esprits sont atendus par ici.
Sur ce, je vais aller lire une des pièces de Hugo.
hapax Niveau C
Inscrit le : 12 Juin 2005 Messages : 3068 Emploi : Prof de lettres
Sujet: Re: Bernanos Mer 25 Juin - 22:02
Juju manifeste-toi !!!!!!!!!!!!! Ces gentilles dames ont besoin de ton aide, toi qui adorrrrrrrrreeeeeeeees Bernanos... _________________ « Ce furent des malades et des moribonds qui méprisèrent le corps et la terre, qui inventèrent les choses célestes et les gouttes de sang rédempteur » Ainsi parlait Zarathoustra, Nietzsche
Non, c'est le style que j'adore chez Bernanos. Je trouve qu'il écrit merveilleusement bien. Une puissance verbale que j'ai rarement vu chez d'autres auteurs. "C'était un matin du mois de Juin. Au mois de Juin un matin, clair et sonore. Un clair matin." Un paragraphe (du soleil de satan, justement) qui commence comme ça, c'est pas magnifique ?!
Mais vous, forcément,( edit: je parle de la gent féminine que je connais de ce forum agreg, hein) sorti des scènes de cul entre Grange et Mona, vous aimez rien. pffff
hapax Niveau C
Inscrit le : 12 Juin 2005 Messages : 3068 Emploi : Prof de lettres
Sujet: Re: Bernanos Mer 25 Juin - 22:36
tu parles, on a même pas vu la b..... de Grange _________________ « Ce furent des malades et des moribonds qui méprisèrent le corps et la terre, qui inventèrent les choses célestes et les gouttes de sang rédempteur » Ainsi parlait Zarathoustra, Nietzsche
lolita-b Niveau E
Age : 27 Inscrit le : 02 Aoû 2006 Messages : 1154
Sujet: Re: Bernanos Mer 25 Juin - 22:41
bon, d'accord, l'écriture est intéressante, mais je suis désolée, ça me fatigue moi cette écritue poétique avec une histoire gnan gnan. au moins Gracq, ça m'avait plus plu.
Marie-Noire Niveau K
Age : 27 Inscrit le : 26 Aoû 2005 Messages : 188 Localisation : Loin de chez moi Emploi : neo TZR 93
Mais vous, forcément,( edit: je parle de la gent féminine que je connais de ce forum agreg, hein) sorti des scènes de cul entre Grange et Mona, vous aimez rien. pffff
J'avoue... Enfin, je n'ai pas encore essayé de lire Bernanos alors je vous dirai.
Thalie Modo
Age : 71 Inscrit le : 21 Sep 2005 Messages : 10135 Localisation : Dans ma chemise. Emploi : e-prof et "Thazer" à ses heures Etudes, Loisirs ou Autre : Emballer Lilouille.
Après 5 ans d'oubli sur une étagère, je l'ai relu ces 3 derniers jours avec les mêmes délices. Comme quoi les goûts.
Et je rejoins Julien : le style. Et puis c'est diablement (c'est le mot) bien ficelé styliquement par exemple au niveau des renvois incessants entre Mouchette et Donissan (thème de la folie humaine/mystique, les silences de l'une appellent la parole de l'autre, utilisation des paraphrases pour ne pas nommer chez l'un comme chez l'autre, interprétations du cri et de l'animalité, appel de Satan/lutte contre lui construits en parallèle). Pour ne prendre que l'utilisation des dialogues dans le roman par exemple (c'est ce qui m'a le plus marqué à cette seconde lecture), on oscille contamment entre le non-dit, le cri, le silence, l'éloquence, l'utilisation des tirets pour couper le dialogue et le laisser en suspens, et j'en passe. La scène la plus marquante à ce niveau est la rencontre entre Donissan et Mouchette : la parole de l'un se joue systématiquement dans le silence de l'autre sur lequel le discours repart. Les motards comprendront : Donissan fait littéralement à Mouchette le coup de l'aspi !
Oui, alors le style, mais z'aussi l'histoire : le prologue de Mouchette est absolument nécessaire pour comprendre la chute de Donissan, et l'enfant mort appelle l'enfant ressuscité, le suicide de l'âme appelle le suicide de la foi, bref : sans Mouchette, l'histoire de Donissan serait vraiment plate et limitée.
Quant à "l'homme célèbre" de la fin, à mon sens il ne fait que redoubler l'incompatibilité entre l'homme de foi et l'homme du monde qui est développé tout au long du roman. Il y a plus à creuser du côté de ce personnage, mais c'est la première impression que j'en ai eu.
Fin bref. Je ne suis pas sûre d'avoir été très éclairante. Je l'ai à peine relu que ce roman me prend toujours autant aux tripes, je n'en suis toujours pas sortie et j'ai du mal à prendre du recul, j'espère que ça ira mieux après une autre relecture. Mais si tu veux en recauser Rylia, pas de problème. _________________ A côté de moi, Sauron et son oeil merdique, c'est Disneyland. k-ro, en forme.
CamKer Modo
Age : 23 Inscrit le : 24 Avr 2007 Messages : 2566 Localisation : B*** ville lointaine Emploi : étudiante Etudes, Loisirs ou Autre : dessin, grattouiller mon chat et lire
Je viens de le relire et je trouve ça toujours aussi merveilleux.
Je rejoins Thalie et Julien: le style, le style, le style: la force et la puissance du mot juste, et simple, pile là où il faut pour que sa force suggestive trouve une résonance et un écho évident... Enfin la justesse quoi. Mais aussi toute l'histoire et tout ce que ça veut dire avec les subtilités et les finesses d'une analyse psychologiques qui finit par paraître évidente mais non moins complexe, et puis la peinture tellement puissante des détresses de Mouchette et Donissan, qui se soutiennent l'une l'autre... peut-être que l'homme célèbre, c'est tout ce que déteste Bernanos chez un artiste ou un écrivain: l'acceptation de la médiocrité, la tiédeur, la convention, la petitesse... Mais évidemment, c'est une lecture qui demande à être justifiée... Enfin, voilà pourquoi j'aime ce bouquin... Je frissonne à chaque fois que je le lis et cette fois, ça n'a pas loupé!! Il me fait un peu peur, je dois l'avouer... J'va essayer de me plonger dans le texte avec un regard critique parce que pour l'instant c'est très confus tout ça et c'est très subjectif, enfin pas très académique quoi... Alors suite au prochain épisode?
blackflower Niveau F
Age : 26 Inscrit le : 13 Mar 2007 Messages : 830 Localisation : Derrière l'énorme tas de livres qui s'écroule Etudes, Loisirs ou Autre : thésarde en perdition
J'ai commencé à le lire puis je l'ai reposé pour un temps, c'est pas mon genre de livre non plus et il me faudra un max de courage pour replonger dedans! _________________ En pleine nuit il y a eu un silence ça a réveillé tout le monde Haïkus de prison, lutz bassmann