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 une méthode pour faire le commentaire stylistiqueVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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arthurverdi
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MessageSujet: une méthode pour faire le commentaire stylistique   Mar 14 Fév - 23:55

Organiser les étapes du commentaire stylistique

L'introduction

Elle sera brève et aura pour fonction de :
- présenter le texte en identifiant clairement le genre (éventuellement la dominante textuelle) auquel il appartient ;
- situer le passage ;
- résumer l'extrait en le rattachant à un projet plus général, comme un thème universel, un mouvement littéraire, une expression originale de l'auteur ;
- offrir le projet de lecture stylistique tel qu'il a été défini précédemment et indiquer les grandes lignes du plan.

Construire un plan

Le plan est une étape importante, qui constitue l'armature du commentaire.
Il permet de réorganiser les résultats de l'analyse en fonction du projet de lecture choisi pour dévoiler les ressorts et les richesses du texte.
Rappelons cependant qu'en raison de la spécificité de chaque texte, il ne saurait y avoir de plan type.
Le plan se fera en deux ou trois parties, jamais davantage

Il comprendra des sous parties plus techniques abordant en détail le rôle d'un procédé.

II ne serait pas impossible de
suivre les grandes articulations du texte mettant l'accent sur les procédés de composition, et sur les procédés de progression textuelle.

On pourrait également aborder successivement les grands domaines constitutifs du texte : le lexique, la syntaxe, les figures.

Nous préférons opter pour un type de plan par « dominantes », en conformité avec l'approche générale qui a été retenue.

On essaiera ainsi de
consacrer la première partie aux éléments macrostructuraux relevant du genre dans lequel s'inscrit le texte, en utilisant le questionnaire sur le genre.
Ainsi, pour le genre théâtral, on examinera les sous--genres : tragédie, drame, comédie,
ainsi que les moments d'une pièce, scène d'exposition, scéne du noeud, péripétie, dénouement, les types de parole : monologue, tirade, etc., qui sélectionnent á différents niveaux des spécificités identifiables, des invariants constitutifs dudit genre.

La première partie devra s'intéresser également á l'examen de la composition du texte en dégageant ses principales articulations et leur portée.

La deuxième partie pourra porter soit sur un traitement thématique dominant (la fuite du temps, la rencontre amoureuse, la mort, l'automne...), soit sur l'examen de la tonalité du passage, lorsqu'il s'agira, par exemple, de caractériser le comique, le burlesque ou te pittoresque.

La troisième partie privilégiera la figure rhétorique dominante : l'hyperbole*, l'antithèse*, la répétition, le recours majoritaire aux images (métaphore*, etc.). Le but de cette approche sera de voir en quoi une telle figure est organisatrice de l'extrait et comment elle révèle la littérarité du texte et son pouvoir esthétique. Par exemple, Correspondances de Charles Baudelaire repose entièrement sur des métaphores qui développent un réseau complexe de synesthésies propres á rendre le projet esthétique et poétique de l'auteur :
« Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. »

Nous conseillons á l'étudiant d'adapter á chaque texte le schéma général proposé ci-dessus.
On n'abordera pas toutes les entrées présentes dans les questionnaires, certaines n'étant pas pertinentes pour rendre compte de la particularité du passage. L'ordre de présentation de ces trois grandes parties peut varier en fonction de la spécificité du texte et du projet de lecture retenu.
Prenons l'incipit du Grand Meaulnes d'Alain-Fournier : il ne serait pas nécessaire de réserver une partie entière à une figure organisatrice. On pourra retenir le plan qui s'intéresse, dans une première partie intitulée « Les règles du Je », aux questions générales de narratologie et d'énonciation importantes pour cerner d'emblée les données génériques propres á la pseudo autobiographie ainsi qu'au moment du texte : l'incipit. Une deuxième partie, « Réminiscences », abordera le traitement du temps et la composition du texte. Une troisième partie, « Du rocher désert au mystérieux pensionnaire », reprendra les thèmes majeurs que sont ici les lieux et les personnages présents dans cet incipit.

La conclusion

Elle sera également très brève et tâchera de :
- récapituler les moments essentiels de l'analyse qui aura montré les éléments véritablement constitutifs et caractéristiques du style du passage, à la lumière du projet de lecture suivi ;
- formuler une ouverture, qui pourrait s'intéresser á la valeur esthétique du passage, à son originalité au sein de l'oeuvre de l'auteur ou à la représentativité de son style.
Il est également possible d'envisager un élargissement à d’autres arts ou d'offrir un rapprochement avec d'autres techniques (peinture, cinéma, musique) recourant à une expression similaire.

Extrait de CALAS, CHARBONNEAU, Méthode du commentaire stylistique, ed. Nathan Université, coll. Fac, Paris, 2000, pp.7 à 9.
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MessageSujet: Re: une méthode pour faire le commentaire stylistique   Jeu 1 Mar - 16:38

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MessageSujet: Re: une méthode pour faire le commentaire stylistique   Jeu 1 Mar - 16:43

meuuuurci ninou! ! !
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Eylème
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MessageSujet: question bête mais...   Ven 9 Mar - 12:43

Vous, vous faites apparaître les titres ou pas? Grandes parties? Sous-parties? Vous pensez qu'on est blâmés si on le fait???
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Enola
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MessageSujet: Re: une méthode pour faire le commentaire stylistique   Dim 28 Oct - 10:15

dddd

merci à notre super modo pour cette fiche!!!! Wink
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lilianna
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MessageSujet: Re: une méthode pour faire le commentaire stylistique   Dim 28 Oct - 13:10

Pour ceux que ça intéresse :


Méthode du commentaire stylistique
Frédéric CALAS, Dominique-Rita CHARBONNEAU
(Chapitre 4, pp 126-138.)

Traitement stylistique des spécificités du genre poétique
IV. La poésie

1. Qu'est-ce-que la poésie?

1.1. A l'origine était le « Verbe »

Poésie< grec « poiein », créer : une poésie aux pouvoirs divins ; un langage visant un effet esthétique. La poésie se définit par le vers (<versus = tourner), un retour régulier à la ligne et qui se termine par une rime. Cf. certains termes signifiant le retour : verset, versification, strophe, rondeau.

1.2. La poésie, un art du langage?

Une poésie mise à l'écart par rapport à la prose et au langage courant. Une tendance qui s'est inversée, notamment dans la poésie moderne où on observe un retour aux mots de ts les jours, au langage familier. Etude stylistique = éxistance d'une expression spécifique de nature linguistique. L'histoire de la poésie est une incessante recherche sur le langage.

1.3. La poésie : « de la musique avant toute chose »?

On observe un rapport entre poésie et musique, ce dès son origine ; une empreinte de la musique visible dans le travail des sonorités, à tous les niveaux.

1.4. La poésie : ut pictura poesis

Exploitation du pouvoir de figuration du monde pour le représenter, le créer ou le recréer. Un rapport avec la peinture à plusieurs niveaux : typographie, figures picturales, images (révélant le pouvoir figuratif des mots)

2. Genres poétiques

dramatique, lyrique, epique : de sous genres de la poésie, ils sont devenus des tonalités depuis le Romantisme

2.1. Poésie dramatique

Désigne toute pièce de théâtre en vers => s'étudie comme le genre théâtral ; mais des éléments relevant de la versification => s'interroger sur le choix d'une écriture versifiée. Cf. Racine : des oeuvres relevant du théâtre et de la poésie => s'interroger sur cela.

2.2. Poésie lyrique ou tonalité lyrique

Forme de poésie destinée à chanter les souffrances, svt amoureuses du poète. Une forme définie par le choix des thèmes (amour, plaisirs, tourments de la vie, mort, temps, intimité ou sensibilité du poète)

>Questionner stylistiquement la poésie ou la tonalité lyrique :
une instance d'énonciation unique : pas ouvertement référentielle ou autobiographique, mais pas pour autant fictionnelle.
moi lyrique : sujet d'une expérience personnelle > expression d'une communauté + vaste
Etudier : marques de subjectivité, distributions fonctionnelles, syntaxiques et sémantiques de la premiere personne, mais également celles dévolues aux autres partenaires de la communication
Recours à la fonction expressives du langage < met l'accent sur le pôle du locuteur ; lexique marqué par l'orientation subjective => examen des formes de la subjectivité (exclamation, interjection, apostrophes, modalités de la phrase, effets particuliers de rythme générés)

2.3. Poésie ou tonalité épique

Sujet : récit d'actions extraordinaires, démesurées, accomplies par des héros exempts de défaut & de faiblesse
Mise en scène d'un grand nombre de personnages
Théme : destin d'un peuple, guerre, combats armés, évocation religieuse ou politique

>Questionner stylistiquement le genre ou la tonalité épiqueénonciation : récit à la troisième personne
Formes superlatives, procédés d'amplification, grandissement, accumulations tant sémantiques que syntaxiques ou métriques
recours à l'hypotypose dans les scènes de bataille
Une poésie qui donne à voir, un rythme plus ample

3. Les formes du poème

3.1. Formes fixes

poèmes organisés selon des règles prédéfinies / disposition, nombre de vers, nombre de strophes & schéma rimique (parfois un type de vers et une thématique). Une tradition qui vient de la poésie des troubadours & se fixe sous l'influence de la Pléiade (rejet des formes de la poésie médiévale)
strophes : tercet, quatrain, quintil, sizain, dizain...
poèmes : pantoum, rondeau, balade, ode, élégie, êpitre, haïku

3.2. Formes libres

Ne répondent à aucune règle de composition, ni ne font appel à des critères formels prédéfinis.
Epoque fin XIXè & XXè : le vers libre engendre un rythme particulier, une disposition typographique, une absence de strophes aux configurations précises ; recours au verset ; l'assonance remplace la rime et le vers blanc ne rime plus.

> Questionner stylistiquement les formes fixes & les formes libres
reconnaître une forme fixe ; décrire dans ce cas les règles présidant à sa construction et évaluer son adéquation / thématique abordée & syntaxe
Part de modernité et de tradition dans la forme retenue?
pour une forme libre : éxaminer licence & divergeance pouvant apparaître dans la construction. A partir de l'examen des règles/absence de règle d'écriture : dégager la composition du poème. Porter l'attention sur : effets de brièveté, prolixité due à la forme choisie en adéquation/rupture avec le thème développé
Cerner le modalités de progression du poème (ouverture, fermeture, effet de boucle)
Pour certaines formes : noter l'importance du vers final dans l'architecture générale
Formes libres : examen attentif des jeux phoniques, graphiques, des effets de rythme naissant d'une composition non codifiée.

3.3. Poème en prose

Une forme qui unit la liberté de la prose et les régularités de l'écriture versifiée
Une composition reposant sur des structures récurrentes constituant une unité.
Joue d'effets de rythme, de musicalité par un système de répétition & d'images propres à la poésie.
Pas de thème particulier

>Questionner stylistiquement le poème en prose
Composition du poème? nombre de paragraphes? sur quel mode s'opère leur cocaténation?
Une composition qui offre un parcours ouvert? cyclique? fermé?
Possibilité de cerner l'union du poème et de la prose? Cmt est brisée la linéarité de la prose?
Figures de répétion l'entravant et la dépassant? Images fortes ou récurrentes du texte? Jeux rythmique? configuration musicale de l'ensemble?

4. Versification

4.1. Rimes

rime = accord final fondé sur la reprise à la fin de 2 ou plusieurs vers du même son => fonction structurante dans l'élaboration de poèmes à forme fixe

>Questionner stylistiquement les rimes
rapprochements élaborés : antithèse, attraction sémantique, jeux étymologiques
analyse des phénomènes de reprise de mots à la rime, échos sonores
être attentif à la recherche poétique dont la rime est l'objet ; rôle joué par la rime de l'élaboration dans la composition du poème & effets de rythmes auxquels elle participe
/ au type de strophe : identifier le système des rimes (plates, croisées, embrassées) & alternance féminine/masculine

4.2. Mètres

s'établit sur le nombre de syllabes prononcées, ce qui crée une mesure. Le mètre est codifié par la prosodie syllabique en français. Un inventaire des vers fondé sur la dichotomie entre vers pairs et vers impairs
Le mètre est défini en fonction du nombre de vers qu'il renferme (dissyllabe, tetrasyllabe, hexasyllabe, octosyllabe, decasyllabe, alexandrin, dodecasyllabe)
Caractérisation du mètre par rapport à 3 problèmes : les diérèses (une suite de voyelles, dont la première est i/u/ou, compte 2), synérèse (2 syllabes comptent 1) et la pronociation ou l'ellision du e muet.

>Questionner stylistiquement les mètres
Choix du type de vers / à la forme retenue et le mouvement auquel il appartient (évaluer la part de tradition et celle de modernité dans son choix)
Un poème composé sur un mètre unique? recours à l'hétéromètrie? l'alternance métrique provoque-t'elle des effets de contraste, de dissonance, d'amplification ou de chute?
Rythme produit par l'emploi d'un tel mètre? musicalité qui en découle si on analyse les coupes présentes dans le vers & à la place de l'hémistiche?
Rapport entre syntaxe et vers? Les articulations syntaxiques concordent-elle avec les articulations métriques? => cas d'enjambement, de rejet, contre rejet, adéquation, césure et fin de vers
Poésie moderne : analyse du vers libre et rapport se tissant entre vers et prose

4.3. Rythme

Un rythme fondamentalement lié à la répétition des mesures, groupes de mots, accent.
En langue française : un accent de groupe et un accent rythmique, celui du vers
Concordance/discordance entre rythme linguistique et rythme métrique dont on évaluera les effets

>Questionner stylistiquement le rythme
répartition des accents dans le vers, valeur des groupes de mots affectés par la répartition
évaluation du rythme : coincidence ou non entre contours de la syntaxe, poses, coupes & disposition des rimes
Dans le vers : distribution des coupes et différentes formes qu'elle revêt (épique, lyrique, enjambante)
d'un vers à l'autre : pb des enjambements, adéquation vers/phrase
=> possibilité de commenter le rythme du poème (accélération, ralentissement, silences significatifs)

5. Jeux sur le langage poétique

1 poésie qui joue sur les possibilités offertes par la langue : sa forme et son sens. refus du langage purement informatif et instrumental (< une signification unique & clair).
Le poète : celui qui explore la polysémie, l'histoire des mots, les ambiguités. La fonction poétique, selon Jakobson , ne doit pas être confondue avec la poétique.
message => une fonction poétique qui caractérise l'organisation particulière des mots & des phrases, le travail sur la texture platique des mots ; pas une définition de la poésie

5.1. Jeux sur le signifiant

5.1.1. La forme graphique

Abandon de la linéarité du signe au profit d'une mise en valeur de la forme des mots (cf. calligrammes) ; une typographie fondamentale dans l'élaboration des significations du poème

>Questionnement sur la forme graphique
mise en valeur du thème abordé par la typographie? est-elle ainsi une forme-sens? Adéquation vers, syntaxe, typographie? des jeux graphiques subjectifs? des ambiguités? des éléments soulignés dans la typograhie? rôle des blancs dans l'élaboration du texte et sa signification?

5.1.2. La forme phonique : les sonorités

Une origine musicale de la poésie qui perdure dans l'attention portée à la forme phonique des mots; cf. refrain : son le plus marqué de sens qui rattache le poème à la chanson & participe à son caractère cyclique
Jeux sur les phonèmes - assonances, allitérations, homéotéleute, paronomase, rimes intérieures, échos sonores, onomatopées, répétition phonique (polyptote, isolexisme, anaphore) -

>Questionnement sur les sonorités
relever les jeux sonores (figures) ; intérêt porté au termes soulignés & repris par les sonorités : leur place dans les poèmes? plaisir procuré? liens entre sonorités & rythme?

5.2. Jeu sur le signifié

densité de la poésie due à un travail sur les sens des mots par l'établissement de réseaux de sens => naissance d'association amplifiant la lecture.
Un poème qui n'a d'autre finalité que lui-même ; qui invente des sens nouveaux, mais aussi des mots nouveaux. En poésie, selon Riffaterre, un sens qui construit une divergence/anaologie sur la base de la répétition dans le poème.

>Questionnement sur les jeux du signifié
Comment s'établissent les réseaux lexicaux dans le texte? Champs lexicaux qui leur sont associés? répartition dans le poème? dans la strophe?
Mise en valeur d'un mot par rapport à sa place dans le vers? sa fréquence, sa reprise? associations établies? par la dénotation? la conotation? valeur de la néologie? Part des noms propres? polysémie? déviation par rapport au langage courant? par rapport au mouvement littéraire dominant? par rapport aux autres éléments du poème? des chocs de registre de langue?

6. Jeux sur les figures

La poésie est le genre qui joue le plus avec le langage comme matériau, mais également une recherche linguistique dense sur le signifié ; pour cela, recours aux figures de style qui se présentent comme une gamme de procédés exploitant le rapport signifiant/signifié et le pousse jusqu'à ses extrémités.
Des figures de style qui sont au coeur de l'acte poétique
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Enola
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MessageSujet: Re: une méthode pour faire le commentaire stylistique   Dim 28 Oct - 13:14

merci lilianna
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MessageSujet: Re: une méthode pour faire le commentaire stylistique   Dim 28 Oct - 13:17

Et voici la fin :

Méthode du commentaire stylistique
Frédéric CALAS, Dominique-Rita CHARBONNEAU
(Chapitre 5, pp 185-198.)


Traitement stylistique des spécificités du genre théâtrale

V. Le genre théâtral

1. Un art mimétique et paradoxal


1.1. La mimésis

Pour Aristote, le propre du théâtre est d'être une imitation d'action, une représentation de personnages en action mais polysémie du verbe représenter : à la fois retranscription de la réalité au théâtre et spectacle, jeu. Une dualitéqui fait du théâtre un genre tendu vers deux postulations : lecture et spectacle.

1.2. Le dire et le dit

Pour Larthomas, le théâtre est un compromis entre écrit et oral.
Tout a été mis en oeuvre pour faire oublier que la pièce est un texte écrit destiné à être dit et joué

>Questionner stylistiquement le dire et le dit
examiner le choix d'ecriture des auteurs, les contraintes pouvant être liées à une école particulière.
Un genre théâtral qui cherche parfois à mimer l'oralité, la conversation ; cf. indices : interruptions, aposiopèses, phrases inachevée, syntaxe défaillante, idiolectes, jurons

2. L'énonciation du théâtre

Un théâtre destiné à être dit/joué ; un auteur qui s'efface derrière le discours direct utilisé par ses personnages. Ms un théâtre qui repose sur le principe d'une double énonciation et d'une double destination

2.1. La double énonciation

auteur = énonciatieur principal du texte qui s'adresse aux lecteurs et aux spectateurs. Un schéma de communication qui constitue la première énonciation ; une présence de l'auteur qui n'est perceptible que dans les didascalies.
2nde énonciation = personnages apparaissant sur le devant de la scène et s'exprimant directement.

2.2. La double destination

Destinataire premier des paroles des dialogues : personnages, formant des interlocuteurs privilégiers des répliques ; mais présence au théâtre d'un deuxième destinataire : le public, un destinataire important puisque définitif = la représentation a lieu pour lui

>Questionner stylistiquement de la double énonciation & de la double destination
relever et interroger les passages où la double énonciation est rendue visible. Portée de la double énonciation? Informative, didactique ou ironique?
Thème pouvant relever conjointement de la thématique abordée et de la théâtralité cf. isotopie
Un questionnement sur l'essence du théâtre qui peut se lire comme une forme de référence du théâtre à lui-même ; une interrogation qui peut se transformer en quète de créativité allant jusqu'à saisir l'essence même de tte écriture.

3. Les interractions verbales

le genre théâtral repose sur le dialogue même <= mise en scène de personnages en situation de communication directe. Forme attendue du théâtre = dialogue avec au moins deux personnages
=> pb du monologue/des pièces à un seul personnage
Un théâtre mimétique, de situation de communication directe qui repose fondamentalement sur le dialogisme; il le met en scène.


3.1 Un type dominant : le dialogal

défini par les linguistes comme une interaction, un théâtre qui confronte deux presonnages. Qd il y a confrontation : formation d'une scène agonistique où chacun essaie d'imposer son point de vue à l'autre. On peut alors décomposer la scène en plusieurs séquences hiérarchisées où chacun prend à son tour la parole.

>Questionner stylistiquement le dialogue
qui parle à qui? Qui est présent? Qui se tait? Répartition volumétrique de la parole?
Examen des enchaînements assurant la cohésion des répliques formant le dialogue théâtral.

3.2. Principe de coopération et maximes conventionnelles

pour avoir communication entre les personnages, nécessité de respect du principe de coopération = les acteurs se plient à des règles régissant ces échanges. Un principe qui peut être remis en cause pour différentes raisons : ex. refus de participation à l'échange d'un des personnages
Un principe associé à quatre maximes assurant le bon fonctionnement de l'échange :

3.2.1. Maxime de pertinence

Dans un échange, il faut être pertinent dans ce que l'on dit, dans on intervention (cf. Ionesco qui en joue afin de devoiler les lois même du texte théâtral)

3.2.2. Maxime de véracité

L'interlocuteur se doit de dire la vérité, de ne pas affirmer de faits qu'il ne peut prouver ; une maxime qui est souvent au coeur même des enjeux d'un drame

3.2.3. Maxime de quantité

dans son intervention, le locuteur doit donner autant d'informations que nécessaire, ni plus, ni moins.

3.2.4. Maxime de manière

Parler clairement, sans être ambigu.le théâtre tire souvent partie de cette maxime dans l'élaboration des quiproquos et malentendus.

>Questionner stylistiquement les maximes conversationnelles
Effets produits par le non respect des maximes en liaison avec le sous-genre dans lequel s'inscrit l'extrait? Quand interviennet ces ruptures dans le texte? Termes-supports affectés par ces maximes? Ces ruptures permettent-elles d'interroger les marges de la communaication, les principes mêmes du théâtre.

3.3. Tensions entre discours et récit

Un genre qui relève de la catégorie du discours ; une énonciation essentiellement déictique reposant sur un Moi, un Ici et un Maintenant souvent relié à un présent d'énonciation.
Des tensions pouvant apparaître à plusieurs niveau au sein du texte entre discours et récit : entre didascalies & dialogues ; entre passages descriptifs ou narratifs & dialogue.

>Questionner stylistiquement cette tension
Rôle des tension entre discours & récit selon le sous-genre dans lequel ils s'inscrivent? Place du récit au sein du dialogue? Statue des personnages les prononçant? Quelles sont les survivances dialogiques qu'ils peuvent contenir? Formes revêtues (apostrophes, questions, impératifs...)?

4. Une forme particulière du langage dramatique : les didascalies

Un théâtre qui se présente sous la forme double des dialogues et des didascalies.
Dans le théâtre grec : didascalie = ensemble des indications scéniques données par le poète aux acteurs. L'auteur intervient directement dans le jeu théâtral. Dans la représentation du texte, elles disparaissent généralement. Des didascalies qui se rattachent aux marqueurs déictiques dt le texte lu a besoin pour fonctionner.
Plusieurs types de didascalies :
didascalies internes : entrent ds le dialogue théâtral et renseignent sur le jeu des personnages.
Didascalies externes : hors dialogues ; certaines apparaissent avt le texte :
didascalies initiales : presentations des personnages, du décors parfois, du lieu et de l'époque ; autant d'infos apportant une première série de réponse aux questions posées.
Autres didascalies : intercalées entre les répliques, elles ont différentes fonctions : renseignent sur la composition du texte, les personnages présents en scène & leur prise de parole, les indications spatiales, le jeu des personnages, la parole des personnages (mentions d'apparté, intonation, tonalités...)

>Questionner stylistiquement les didascalies
Présence et valeur? Formes et liens entretenues avec le dialogue? Place, rôle dans la concaténation des répliques? Thématiques qu'elles soulignent? Champs lexicaux qu'elles développent?

5. Les types de parole

Un dialogue théâtral susceptible de prendre diverses formes : stichomytie, réparties, tirades, polylogue.
2 types de paroles en marge du dialogue : monologue et aparté

5.1. Monologue

Un personnage seul ou se croyant seul sur scène, qui se parle à lui-même.
Dévoile les artifices du théâtre (situationde communication peu vraisssemblable rendue crédible et dynamique aux yeux du spectateur) ; forme et fonction dépendent du sous-genre ds lequel il s'inscrit.
Fréquent dans la tragédie classique il fut svt remis en cause au nom de la vraissemblance.

>Questionner stylistiquement le monologue
Qui est le personnage ayant recours au monologue et fonction de celui-ci? Place du monologue dans l'oeuvre? Suit-il les règles de la rhétorique classique? (exorde, narration, confirmation et péroraison) Si un monologue moderne, l'auteur joue-t'il avec ces règles?
1 examen qui permet de dégager la dynamique du texte, dynamique reposant sur l'emploi de modalités dialogiques.

5.2. L'aparté

Réplique d'un personnage que les autres ne sont pas censés entendre. Elle est une double manifestation du genre théâtral.
Ressort comique, elle peut aussi apparaître à un moment où l'un des personnages ne peut (<= cache son identité)
Souvent formé d'une réplique courte, il est annoncé par une didascalie.

>Questionner stylistiquement l'apparté
sous-genre dans lequel l'aparté apparaît? Ce qui conditionne le ton des réplique? Personnage qui l'utilise? Fréquence dans le passage?
Préciser leur rôle dans la dynamique du passage

5.3. Le dialogue

5.3.1. La tirade

renferme le long discours d'un personnage qui s'adresse explicitement à un destinataire présent sur scène<=> prise de parole développée

>Questionner stylistiquement la tirade
dans le théâtre classique : tirade battie selon les règles de la dispositio? Abrite-t-elle un récit, un portrait, une argumentation? => regarder cmt s'imbriquent les types de textes ds la tirade.donner les règles de concaténation sur laquelle repose l'insertion de la tirade dans le dialogue. Longueur => la tirade doit rester dynamique => examen des procédés permettant de maintenir le contacte avec l'allocutaire & de conférer une dynamique à l'ensemble.

5.3.2. La stichomythie

chaque réplique, très courte s'enchaîne immédiatement avec la suivante => un dialogue au tempo vif. Svt présente dans les scènes d'affrontement entre personnages.

6. Les moments du texte

centrée sur crise/mouvement grave, une action qui naît & se développe ds le tps pour aboutir à une nouvelle situation => des mouvements clairement identifiables marquant les différentes étapes de l'action et dessinant la trame de l'intrigue

6.1. Exposition

Placée à l'ouverture de la pièce, elle forme un moment très important <= doit fournir aux spectateurs les élts nécessaires à la bonne compréhension de la situation sur laquelle s'ouvre la pièce : passage du silence (acte zero) au début de l'action sur laquelle se lève le rideau
Une double diffiuclté pour le dramaturge, provenant de la double destination du théâtre : exposer au spectateur un situation tt en respectant la vraissemblance (le discours d'un personnage à un autre qui serait moins informé)

>Questionner stylistiquement l'exposition
Personnage ouvrant la pièce et son interlocuteur? Une exposition ou non précédée d'un prologue? Un expostion in medias res? Un récit?
Intérêt porté aux pb de tempo posés par l'exposition en étroite liaison avec un type de parole (monologue, stichomythie, tirade) : premières répliques de la scènes? Informations portant sur l'amont & l'aval de la crise (par qui?, comment?). Où l'action prend place? Obstacles probables se dessinant?

6.2. Noeud dramatique et péripéties

Noeud dramatique : partie centrale de la pièce, correspondant à la crise et constituant l'acmé.
Péripétie : introduit un renversement de situation qui mène au dénouement.
Svt : des coups de théâtre ménageant l'intervention d'un Deux ex machina

>Questionner stylistiquement le noeud dramatique
peronnages présent? Qui parle à qui? Ton dominant? Tempo majoritaire? Type de paroles retenu? Possibilité d'identifier la séquence de cette péripétie? Inscription ds le genre épidictique ou judiciaire?

6.3. Dénouement

Résolution de la crise s'opérant, soit par la mort d'un personnage, soit par un retour à l'ordre,soit par l'accès à un nouvel équilibre, soit par un mariage.
Esthétique classique : il est nécessaire, complet, rapide.

>Questionner stylistiquement le dénouement
indices clausulaires marquant le seuil du dénouement : lexique temporel de la closure, événements signifiant un achèvement? Une fin ouverte ou fermée? Ts les persos sont ils sur scène? Leurs intentions et leur caractères ont ils évolués? Le dénouement apporte-t-il une réponse à la question posée dans l'exposition? Un épilogue?

7. Les codes génériques et leurs variations

Des pièces s'inscrivant dans un sous-genre fortement codifiés. Des auteurs qui ont eux-mêmes fixés les codes de ces sous-genres dans leurs préfaces pour répondre aux doctes et aux critiques

>Questionner stylistiquement les codes génériques
un sous-genre qui permet d'identifier le ton de l'extrait ; ton révélé par la syntaxe & le lexique. Examiner le traitement des grandes règles héritées du classicisme, associées des notions de vraissemblance et de bienséance. Un sous-genre qui définit également le rang social des personnages & par là le registre de leurs propos => s'intéresser au ressort du comique, à ses formes ; dresser une typologie : comique de mots, situation... examiner les effets de contrepoint, par exemple.


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